
TROIS-RIVIÈRES, 25 novembre 2025 – La Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC) réagit à la Mise à jour économique du gouvernement du Québec. La TNCDC déplore que le gouvernement, encore une fois, n’annonce aucune mesure réellement structurante pour s’attaquer aux causes des crises sociales qui sévissent au Québec actuellement.
Des mesures fiscales habituelles
Le ministre des Finances, Eric Girard, laisse entendre avec candeur que son gouvernement est généreux en indexant son régime fiscal alors qu’il n’en n’a pas l’obligation. Toutefois, il faut savoir que c’est généralement le cas afin de suivre l’évolution des prix à la consommation.
Si l’utilisation de mesures fiscales peut être un moyen utilisé par l’État pour réduire les inégalités de revenus, le fait est que l’indexation du régime fiscal profite généralement à une portion de la population qui s’en sort déjà mieux que d’autres : l’économie d’impôt est pour celles et ceux qui en paient seulement. Ainsi les personnes qui bénéficient de l’aide sociale en sont exclues et leurs prestations, bien qu’indexées, demeurent encore à la moitié de la mesure du panier de consommation. Les mesures annoncées sont présentées comme un gain dans les portefeuilles. Or, on peut douter que ces montants augmenteront réellement pouvoir d’achat ou la capacité à répondre aux besoins de base. On parle de gains de :
- 192$ pour les personnes prestataires de l’assistance sociale de base
- 25$ pour celles et ceux qui recoivent le crédit d’impôts pour la solidarité
- Un maximum de 137$ pour les travailleuses et travailleurs
- Un maximum de 259$ pour les personnes qui exercent un travail autonome
Selon Marie-Line Audet, directrice générale de la TNCDC, il faut des leviers réellement structurants et il les faut maintenant : « On a frappé le mur un peu partout au Québec avec des crises sociales contagieuses et exponentielles. Les gens n’arrivent plus à se nourrir ou à se loger. Et bien que l’aide d’urgence soit appréciée pour les personnes les plus vulnérables, c’est nettement insuffisant pour répondre aux besoins. La grogne monte dans les territoires et le gouvernement ne joue absolument pas son rôle et encore une fois refuse de redonner un peu d’air, juste un peu d’air à notre monde » précise madame Audet.
L’existence de crises psychosociales
Par ailleurs, le gouvernement reconnait qu’il y a dans nos communautés d’importances crises et qu’il faut améliorer les pratiques mixtes d’interventions policières et psychosociales. Il va même jusqu’à bonifier l’enveloppe pour le soutien d’urgence à l’itinérance pour cet hiver, passant de 21M$ à 26M$. Ces annonces sont évidemment bien accueillies mais insuffisantes étant donné la hauteur des besoins. Force est de constater que de budget, en mise à jour économique, en budget, en mise à jour économique, que c’est encore le jour de la marmotte. « On attend toujours de réelles mesures structurantes pour remédier aux problématiques sociales. » conclue madame Audet.
Le Québec est KO. Le Québec est à terre. Ensemble relevons le Québec.
Il est urgent d’agir. Des fonds supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les services vitaux, pour reconstruire un filet social solide pour toutes les Québécoises et Québécois. Ce qu’on demande, et ce qu’on attend toujours c’est :
- L’augmentation du soutien direct aux personnes en situation de pauvreté au moins à la hauteur de la mesure du panier de consommation;
- Des investissements majeurs dans le logement social et communautaire pour assurer l’accès à un logement décent, véritablement abordable;
- La fin des coupures dans les services publics et un réinvestissement afin de répondre aux besoins croissants de la population;
- Le rehaussement du financement des organismes communautaires afin qu’ils puissent réaliser efficacement leur mission et la défense des droits des personnes vulnérables.
Au final, ce qui est constaté c’est que tout en se félicitant que le déficit attendu soit moins important que prévu, le gouvernement reste timide et ne saisit pas l’opportunité de se mettre en action. Il en va de même avec le transfert des surplus du Fonds vert au Fonds des générations : le gouvernement n’investit pas dans les énergies fossiles par une baisse de la taxe sur l’essence, mais il ne prend pas non plus les devants pour soutenir des projets concrets en matière de lutte aux changements climatiques.
L’inaction du gouvernement Legault, et son refus d’adresser une des pires crises sociales de l’histoire du Québec, menace la dignité et le bien-être de sa population. On est en train de mettre le Québec KO et pourra-t-il se relever ? (https://www.tncdc.com/le-quebec-est-ko/)
À propos
La TNCDC est un réseau national qui, par son expertise, ses actions et son assise locale, joue un rôle incontournable dans l’amélioration des conditions de vie des communautés et dans l’atteinte d’une plus grande justice sociale au Québec.
Regroupant 71 CDC et plus de 2 800 organismes communautaires, la TNCDC intervient dans une multitude de domaines, notamment la santé, l’éducation, l’emploi, la défense des droits ou encore l’environnement.
Pour tout renseignement :
Marjolaine Cloutier, conseillère stratégique TNCDC
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